Vous pouvez fabriquer une jardinière en palette de trois façons : la version verticale murale (la plus économe en espace, parfaite pour un balcon), la version horizontale posée au sol (simple et rapide), ou le modèle surélevé type carré potager (idéal pour le dos). L’essentiel : choisir une palette marquée HT (traitement thermique), seule option sûre pour cultiver des plantes comestibles.
J’ai dû fabriquer ma première jardinière en palette il y a sept ans, quand j’ai aménagé mon balcon parisien de 4m². Je voulais des herbes aromatiques fraîches, mais zéro place au sol. J’ai récupéré une palette EUR dans une zone industrielle près de chez moi, je l’ai fixée au mur, et trois semaines plus tard j’avais du basilic, de la menthe et du thym à portée de main. Coût total : 23€ (vis, géotextile, terreau). Sept ans après, je continue à utiliser cette technique pour mes clients qui veulent végétaliser leur extérieur sans se ruiner.
Mais attention, j’ai aussi vu des catastrophes. Une cliente avait utilisé une vieille palette trouvée dans la rue, tachée d’huile et sans marquage. Résultat : son persil sentait le pétrole, ses tomates avaient un goût bizarre. Elle a tout jeté. Le problème ? La palette avait probablement transporté des produits chimiques ou était traitée avec des substances toxiques. Depuis, je ne plaisante plus avec le choix de la palette.
Choisir la bonne palette : la règle numéro 1 pour votre santé
C’est LE point non négociable. Une palette mal choisie peut contaminer votre terre, vos plantes, et finir dans votre assiette. Voici comment repérer les palettes sûres et fuir les dangereuses.
Retournez la palette et cherchez le marquage gravé ou tamponné sur les côtés. Vous devriez voir plusieurs codes. Celui qui vous intéresse est le traitement du bois.
HT (Heat Treatment) : c’est le Graal. Ce sigle signifie que le bois a été chauffé à 56°C à cœur pendant au moins 30 minutes pour éliminer les parasites et champignons. C’est un traitement 100% naturel, sans produit chimique. Depuis 2010, c’est le seul traitement autorisé en Europe pour les palettes d’exportation. Une palette HT est totalement sûre pour cultiver des légumes, des fruits, des herbes aromatiques.
MB (Methyl Bromide) : fuyez immédiatement. Le bromure de méthyle est un pesticide ultra-toxique qui pénètre dans le bois. Bien qu’interdit en Europe depuis 2010, on peut encore tomber sur de vieilles palettes importées ou stockées depuis des années. Si vous voyez MB, ne touchez même pas cette palette. Ni pour une jardinière, ni pour un meuble, ni pour du bois de chauffage. C’est du poison.
EUR ou EPAL : ces logos certifient des palettes Europe standardisées. Dimensions : 120 cm x 80 cm x 14,4 cm. Elles sont robustes, conçues pour supporter des charges lourdes (jusqu’à 1000 kg), et quasiment toujours traitées HT. C’est un gage de qualité. Prix : 5-6€ d’occasion, 8-9€ neuf chez un recycleur de palettes.
DB (Debarked) : signifie simplement que le bois a été écorcé. C’est un bon signe, souvent associé au marquage HT, mais ça ne dit rien sur le traitement en lui-même.
Au-delà du marquage, inspectez l’état général de la palette. Le bois doit être propre, sans taches suspectes d’huile, de graisse, de peinture ou de produit chimique. Si ça sent bizarre (fuel, solvant, produit industriel), laissez tomber. Une palette qui a transporté des substances toxiques reste contaminée même après nettoyage.
Vérifiez aussi la solidité. Les planches ne doivent pas être pourries, friables ou fendues. Appuyez avec le pouce sur le bois : s’il s’enfonce facilement, la palette a pris l’eau et commence à pourrir. Elle ne tiendra pas longtemps en jardinière.
Où trouver des palettes HT gratuitement ou pas cher ? Les zones industrielles, les magasins de bricolage (Leroy Merlin, Castorama), les supermarchés, les entreprises de transport. Allez-y en fin de journée et demandez toujours l’autorisation à un responsable. « Bonjour, est-ce que je peux récupérer une ou deux palettes qui ne vous servent plus ? » Dans 80% des cas, c’est oui. Certaines entreprises les donnent volontiers pour éviter de payer la collecte.
J’ai une cliente à Lyon qui récupère ses palettes chez un importateur de carrelage. Chaque mois, il a 20-30 palettes EUR HT impeccables dont il ne sait que faire. Elle en prend 2-3, elle fabrique des jardinières qu’elle revend sur leboncoin 40-60€ pièce. Un business modèle qui fonctionne.

La jardinière verticale murale : gain de place maximal
C’est mon modèle préféré pour les balcons, les petites terrasses, ou même les cours intérieures. Vous utilisez la hauteur au lieu d’occuper le sol. Une palette de 120 cm de haut vous offre 3 à 5 étages de plantation.
Vous gardez la palette entière sans la démonter. Vous allez créer des compartiments de plantation entre les lattes horizontales en fermant le fond et les côtés avec du géotextile agrafé.
Voici ce dont vous avez besoin pour une jardinière verticale classique :
Matériel :
- 1 palette EUR HT (120×80 cm) : 0-9€
- Feutre géotextile 2m x 1m : 12-18€
- Agrafeuse murale + agrafes : 15-30€ (ou cloueuse si vous en avez une)
- Terreau universel ou terreau pour potager : 60-80 litres selon épaisseur, 8-15€
- Billes d’argile 5-10 litres : 5-8€
- Vis inox 4×40 mm (une vingtaine) : 3-5€
- Équerres métalliques pour la fixation murale : 6-12€
- Papier de verre grain 80-120 : 2-4€
- Protection du bois (huile de lin ou lasure extérieure) : 12-20€
Total : 63-119€ selon que vous récupérez la palette gratuitement et que vous avez déjà certains outils.
Outils :
- Ponceuse électrique (ou papier de verre et huile de coude)
- Perceuse-visseuse
- Niveau à bulle
- Mètre
- Crayon
Les étapes :
Commencez par nettoyer la palette. Brossez-la énergiquement avec une brosse dure et de l’eau savonneuse pour enlever la terre, la poussière, les toiles d’araignées. Laissez sécher 24-48h au soleil.
Poncez ensuite toutes les surfaces accessibles pour éliminer les échardes. Vous n’avez pas besoin d’un rendu parfait, juste de supprimer les gros éclats qui pourraient vous blesser ou blesser les plantes. Insistez sur les arêtes et les zones où vous allez manipuler.
Protégez le bois avec une couche d’huile de lin (rendu naturel, 12-18€ le litre) ou une lasure incolore pour extérieur (20-35€ le litre). Appliquez au pinceau, laissez pénétrer 30 minutes, essuyez l’excédent. Une seule couche suffit pour les palettes qui resteront abritées (sous un balcon). Deux couches pour celles exposées en plein soleil et à la pluie. Séchage : 24h.
Positionnez la palette à la verticale, le côté le plus large au sol. Vous voyez maintenant les espaces entre les lattes horizontales : ce sont vos futurs compartiments de plantation.
Découpez le géotextile en bandes. Vous allez tapisser le fond et les côtés de chaque compartiment pour retenir la terre. Agrafez généreusement le géotextile sur les lattes avec l’agrafeuse murale. Prévoyez 1 agrafe tous les 5-7 cm. Le géotextile doit être bien tendu, sans plis, pour éviter que la terre ne s’échappe.
Pour le dernier compartiment du bas, créez un vrai fond étanche avec une double épaisseur de géotextile ou avec une petite planche clouée, puis géotextile par-dessus. Sinon, la terre va couler.
Remplissez maintenant les compartiments. Commencez par déposer 2-3 cm de billes d’argile au fond de chaque niveau pour le drainage. Puis comblez avec le terreau. Tassez légèrement à la main. Laissez 2-3 cm de vide en haut de chaque compartiment pour faciliter l’arrosage.
Avant de planter, fixez la jardinière au mur. Une palette pleine de terre pèse facilement 40-60 kg. Utilisez des équerres métalliques robustes (charge minimale 30 kg par équerre). Vissez au moins 4 points de fixation : 2 en haut, 2 en bas. Si votre mur est en béton ou en brique pleine, utilisez des chevilles à expansion 8-10 mm. Si c’est du placo, fixez impérativement sur les montants métalliques avec des chevilles Molly adaptées.
Une fois sécurisée, plantez vos végétaux. Sortez-les délicatement de leur godet, démêlez un peu les racines, creusez un trou dans le terreau, installez la plante, tassez autour. Arrosez copieusement.
Astuce déco que j’adore : peignez l’avant de la palette avec de la peinture ardoise (8-15€ le pot). Vous pouvez ensuite écrire à la craie le nom de chaque plante directement sur le bois. Ça fait très jardin urbain tendance, et c’est pratique pour les herbes qu’on confond facilement (ciboulette et ciboule, basilic et persil plat).

La jardinière horizontale au sol : simplicité et rapidité
C’est la version la plus simple à réaliser. Vous posez la palette à plat, vous la transformez en bac de plantation. Parfait si vous avez de l’espace au sol (terrasse, jardin) et que vous voulez un projet rapide.
Vous pouvez garder la palette entière et planter dans les espaces entre les lattes (version la plus facile), ou bien démonter partiellement la palette pour créer un vrai bac avec des côtés fermés (version plus aboutie).
Version ultra-simple (30 minutes de travail) :
Posez la palette à plat sur le sol. Tapissez toute la surface supérieure avec une grande bâche géotextile ou même un film de paillage épais (celui qu’on utilise pour les jardins). Découpez des croix dans le géotextile aux endroits où vous voulez planter. Versez le terreau directement sur la palette, en le faisant rentrer dans les espaces entre les lattes. Plantez à travers les croix.
Avantage : ultra-rapide, aucun démontage.
Inconvénient : capacité de terre limitée, arrosage délicat (l’eau a tendance à couler sur les côtés).
Version bac fermé (2-3 heures de travail) :
Démontez quelques lattes du dessus avec un pied-de-biche ou une scie sabre (coupez les clous plutôt que d’arracher, ça évite de fendre le bois). Gardez 3 lattes sur la longueur : une au milieu, une à chaque extrémité. Retournez la palette.
Maintenant vous voyez les « pieds » de la palette (les cubes de bois verticaux). Clouez ou vissez les planches que vous venez d’enlever pour fermer le fond de chaque pied. Vous créez ainsi 3 bacs parallèles, séparés par les cubes centraux.
Tapissez l’intérieur avec du géotextile agrafé. Percez quelques trous de drainage dans le géotextile du fond (5-6 trous par bac avec une perceuse, mèche de 8-10 mm). Remplissez de billes d’argile (3-4 cm), puis de terreau. Plantez.
Cette version offre beaucoup plus de terre (15-20 cm de profondeur au lieu de 5-8 cm), donc vos plantes se développent mieux. Vous pouvez cultiver des tomates cerises, des courgettes naines, des salades, des radis.
Prix total version simple : 15-35€ (géotextile + terreau).
Prix total version bac fermé : 35-65€ (matériel + terreau + billes d’argile + vis).

Le carré potager surélevé : confort de travail optimal
Si vous voulez jardiner debout ou assis sur un tabouret, sans vous casser le dos, le carré potager surélevé est la meilleure option. Vous empilez plusieurs palettes à la verticale pour créer de la hauteur.
Principe : 4 palettes EUR montées sur chant (debout) forment les côtés du carré. Dimensions finales : environ 120 cm x 120 cm. Hauteur : 80 cm (hauteur d’une palette posée sur chant). C’est confortable pour jardiner sans se pencher.
Matériel :
- 4 palettes EUR HT identiques : 0-36€
- Vis à bois extérieur inox 5×60 mm (environ 40 vis) : 8-15€
- Équerres métalliques d’angle : 12-20€
- Géotextile épais pour tapisser l’intérieur : 20-30€
- Film plastique étanche pour le fond : 5-10€
- Billes d’argile 40-50 litres : 15-25€
- Terreau potager 200-250 litres : 25-45€
Total : 85-181€ selon que vous récupérez les palettes gratuitement.
Construction :
Assemblez les 4 palettes en carré. Positionnez-les sur chant (debout), les lattes horizontales vers l’extérieur. Vissez les angles avec des équerres métalliques robustes. Renforcez en vissant également des planches aux 4 coins intérieurs si vous voulez plus de solidité.
Tapissez l’intérieur avec du géotextile agrafé sur toute la hauteur pour protéger le bois de l’humidité de la terre. Puis posez un film plastique étanche au fond (ancien sac de terreau découpé, bâche de jardin, film de paillage). Percez 8-10 trous de drainage dans ce film.
Remplissez par couches. D’abord 8-10 cm de billes d’argile pour le drainage. Ensuite du terreau potager de qualité jusqu’à 5 cm du bord supérieur. Tassez légèrement. Arrosez abondamment et laissez reposer 24-48h : le terreau va se tasser d’environ 10%. Rajoutez du terreau si nécessaire.
Ce modèle surélevé coûte plus cher en terreau (200-250 litres nécessaires), mais il offre des avantages énormes : profondeur de terre exceptionnelle (60-70 cm), volume de culture important, ergonomie parfaite, drainage optimal.
J’ai fait installer ce type de carré potager à une cliente de 68 ans qui adore jardiner mais a mal au dos. Depuis trois ans, elle cultive ses tomates, ses haricots verts, ses salades, sans jamais se pencher. Elle peut même s’asseoir sur le rebord pour désherber tranquillement. Elle est aux anges.

Quelles plantes choisir pour une jardinière en palette ?
Toutes les plantes ne sont pas adaptées. La profondeur de terre disponible (5 à 20 cm selon le modèle) limite vos options. Voici ce qui fonctionne vraiment bien.
Les herbes aromatiques : ce sont les championnes des jardinières en palette. Basilic, persil, ciboulette, thym, romarin, menthe, sauge, origan, coriandre. Elles ont des racines superficielles, poussent vite, et vous les cueillez au fur et à mesure. Astuce : isolez la menthe dans son propre compartiment ou son propre pot, sinon elle envahit tout.
Les fraisiers : parfaits pour la jardinière verticale. Les fruits retombent joliment entre les lattes. Comptez 3-4 plants par étage. Variétés remontantes recommandées : ‘Mara des bois’, ‘Charlotte’, ‘Cijosée’. Production de mai à octobre.
Les salades et mesclun : rapides à pousser (3-4 semaines), adaptées aux petits espaces. Laitue à couper, roquette, mâche, épinards. Semez directement dans le terreau, éclaircissez, récoltez feuille par feuille.
Les radis : croissance ultra-rapide (18-25 jours). Semez en ligne dans un compartiment, arrosez régulièrement. Variétés adaptées : ‘Flamboyant’, ’18 jours’, ‘French Breakfast’.
Les tomates cerises (uniquement dans les modèles profonds) : variétés déterminées à petit développement comme ‘Tiny Tim’, ‘Tumbling Tom’, ‘Balconi Red’. Tuteurez avec un piquet de bambou. Arrosage quotidien en été.
Les fleurs annuelles à enracinement superficiel : pétunias retombants, lobélias, pensées, soucis, capucines. Parfait pour l’aspect décoratif. Les capucines ont le double avantage d’être comestibles (fleurs et feuilles) et de repousser les pucerons.
À éviter : les légumes-racines profonds (carottes, panais, betteraves), les courges et courgettes (trop gourmandes en espace et en eau), les pommes de terre, les plantes vivaces à grand développement racinaire.
Associations qui marchent bien :
Pour une jardinière verticale 5 étages, j’aime cette répartition du haut vers le bas :
- Étage 1 (haut) : basilic et ciboulette (plantes qui aiment le soleil et l’eau)
- Étage 2 : persil plat et menthe
- Étage 3 : fraisiers
- Étage 4 : thym et romarin (supportent la sécheresse)
- Étage 5 (bas) : origan et sauge
Principe : les plantes qui demandent le plus d’eau en haut (l’eau ruisselle vers le bas), les plantes résistantes à la sécheresse en bas.
Pour une jardinière horizontale 3 bacs, pensez en termes de besoins culturaux :
- Bac 1 : aromatiques méditerranéennes (thym, romarin, sauge) – terre légère, arrosage modéré
- Bac 2 : aromatiques gourmandes (basilic, persil, ciboulette) – terre riche, arrosage régulier
- Bac 3 : radis ou salades à rotation rapide

Entretien et durabilité : combien de temps ça va tenir ?
Une jardinière en palette bien conçue et bien entretenue tient 3 à 5 ans en moyenne. Certaines de mes réalisations atteignent 7-8 ans. Tout dépend de l’exposition et de l’entretien.
L’arrosage : c’est le point délicat. Une jardinière en palette sèche beaucoup plus vite qu’une jardinière classique ou qu’un potager en pleine terre. Le bois absorbe l’humidité, le vent accélère l’évaporation, la terre est peu profonde.
En été, arrosez tous les jours, voire deux fois par jour lors des canicules. Vérifiez toujours l’humidité du terreau en enfonçant votre doigt sur 3-4 cm. Si c’est sec, arrosez. Si vous partez en vacances, installez un système de goutte-à-goutte (kit 15-30€ en jardinerie) ou demandez à un voisin d’arroser.
Astuce gain de temps : mélangez des billes d’eau (polymères rétenteurs d’eau, 8-12€ le sachet) au terreau lors du remplissage. Elles absorbent l’eau lors des arrosages et la restituent progressivement. Vous espacez les arrosages de 1-2 jours.
La fertilisation : dans un volume de terre limité, les nutriments s’épuisent vite. Apportez de l’engrais liquide pour potager ou pour plantes fleuries toutes les 2 semaines d’avril à septembre. Diluez selon les doses du fabricant. Ou bien utilisez un engrais organique à libération lente (corne broyée, sang séché, 6-12€ le kilo) que vous incorporez au terreau au printemps.
Le renouvellement du terreau : tous les 2 ans, videz complètement la jardinière, jetez l’ancien terreau au compost, nettoyez l’intérieur, remplacez le géotextile s’il est déchiré, et remettez du terreau neuf. Ça repart comme au premier jour.
La protection du bois : le point faible, c’est l’humidité constante qui fait pourrir le bois. Pour prolonger la durée de vie, surélevez légèrement la jardinière du sol (cales, pieds, briques) pour que l’air circule en dessous. Renouvelez la couche d’huile de lin ou de lasure tous les 2 ans. Vérifiez que l’eau ne stagne jamais au fond : les trous de drainage doivent rester libres.
Une jardinière verticale fixée au mur sous un balcon ou une avancée de toit dure plus longtemps qu’une jardinière horizontale posée en plein soleil et exposée aux intempéries. Le bois protégé de la pluie directe vieillit beaucoup mieux.
Ce que j’ai appris après 30 jardinières en palette
Voilà bientôt douze ans que j’accompagne des clients dans leurs projets de végétalisation. J’ai fabriqué ou supervisé la fabrication d’une trentaine de jardinières en palette. Voici ce que je retiens.
Le marquage HT n’est pas négociable. J’ai vu trop de gens utiliser n’importe quelle palette « parce que c’est gratuit ». Résultat : plantes qui meurent, légumes au goût bizarre, inquiétudes sur la toxicité. Une palette HT EUR coûte 5-9€ d’occasion. Pour la tranquillité d’esprit et la sécurité alimentaire, c’est dérisoire.
Prévoyez large sur le drainage. Une erreur classique : sous-estimer les billes d’argile. On met 1 cm « pour voir », et trois mois après l’eau stagne, les racines pourrissent, les plantes meurent. Mettez minimum 3-4 cm de billes d’argile au fond de chaque compartiment ou bac. Ça change tout.
Choisissez des vis inox, pas du fer. Les vis en fer rouillent en 6 mois au contact de l’humidité. La rouille coule sur le bois, ça fait des traces orange dégueulasses, et les vis se fragilisent. Les vis inox coûtent 2-3€ de plus pour une boîte, mais elles durent 10 ans.
Ne sous-estimez pas le poids. Une palette pleine de terre mouillée pèse 50-80 kg selon la taille. Vérifiez impérativement que votre balcon peut supporter cette charge, surtout si vous empilez plusieurs jardinières. Renseignez-vous auprès du syndic ou consultez le diagnostic technique de votre immeuble. Un balcon qui s’effondre, c’est un accident gravissime.
Commencez petit. Si c’est votre première jardinière en palette, faites une version verticale simple de 3 étages avec des aromatiques. Vous apprenez les bases (arrosage, exposition, entretien) sans investir 150€ et 8 heures de travail. Si ça marche, vous passerez au carré potager surélevé l’année suivante.
Méfiez-vous des tutos qui promettent « 30 minutes chrono ». Oui, techniquement, vous pouvez poser une palette au sol, la remplir de terre et planter en 30 minutes. Mais le résultat est moche, fragile, et tient 6 mois. Si vous voulez quelque chose de joli et durable, comptez 2-4 heures pour une jardinière verticale soignée, 4-6 heures pour un carré potager.
L’esthétique compte. Une jardinière en palette brute avec du bois grisaillé et des échardes qui dépassent, c’est déprimant. Poncez, protégez le bois, peignez si ça vous chante (peinture acrylique extérieure, 20-35€ le pot). Une jolie jardinière donne envie de s’en occuper. Une jardinière moche finit abandonnée au fond du balcon.
J’ai une cliente qui a peint sa jardinière verticale en bleu canard (Farrow & Ball « Inchyra Blue »). Ça tranche avec le vert des plantes, c’est graphique, moderne. Elle reçoit des compliments à chaque fois que quelqu’un vient chez elle. Coût de la peinture : 45€ pour 1 litre (largement suffisant pour 2-3 palettes). Effet : inestimable.
D’ailleurs, si vous aimez le bricolage déco avec des matériaux de récup, vous pourriez aussi transformer un touret en table de jardin, c’est le même esprit DIY et ça complète bien un espace extérieur végétalisé.
Une dernière chose : cultivez ce qui vous fait plaisir. J’ai des clients qui font uniquement des fleurs (ils ne cuisinent jamais les herbes aromatiques), d’autres qui font uniquement des tomates cerises (leur obsession), d’autres encore qui transforment leur jardinière en mini-jungle avec des plantes grasses et des succulentes. Il n’y a pas de règle. L’important, c’est de créer votre jardin en palette, pas celui d’un magazine.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser n’importe quelle palette pour faire une jardinière ?
Non, utilisez uniquement des palettes marquées HT (traitement thermique). Fuyez absolument les palettes MB (bromure de méthyle, toxique) et les palettes sans marquage dont vous ne connaissez pas l’origine. Les palettes EUR ou EPAL sont idéales car standardisées et presque toujours HT.
Combien coûte une jardinière en palette faite maison ?
Entre 15€ et 180€ selon le modèle. Une jardinière verticale simple coûte 20-40€ (géotextile + terreau + vis). Un carré potager surélevé de 4 palettes monte à 80-180€ (terreau, billes d’argile, quincaillerie). Les palettes elles-mêmes sont souvent gratuites en récupération ou 5-9€ d’occasion.
Quelle est la durée de vie d’une jardinière en palette ?
3 à 5 ans en moyenne avec un bon entretien. Protégez le bois avec de l’huile de lin ou une lasure tous les 2 ans, surélevez la jardinière du sol pour éviter l’humidité stagnante, et renouvelez le terreau tous les 2 ans. Certaines jardinières bien entretenues atteignent 7-8 ans.
Quelles plantes poussent bien dans une jardinière en palette ?
Les herbes aromatiques (basilic, persil, thym, romarin, menthe), les fraisiers, les salades, les radis, les tomates cerises (modèles profonds), et les fleurs annuelles à racines superficielles. Évitez les légumes-racines profonds (carottes, betteraves) et les plantes gourmandes en espace (courges).
Comment éviter que le bois de palette pourrisse rapidement ?
Poncez et traitez le bois avec de l’huile de lin ou une lasure extérieure avant montage. Tapissez l’intérieur avec du géotextile pour isoler le bois de la terre humide. Surélevez la jardinière du sol avec des cales ou des pieds. Assurez un drainage parfait avec des billes d’argile et des trous dans le fond.
Faut-il démonter la palette ou la garder entière ?
Cela dépend du modèle. Pour une jardinière verticale murale, gardez-la entière. Pour une jardinière horizontale type bac, vous pouvez soit la garder entière (version rapide), soit démonter partiellement pour créer des côtés fermés (version plus aboutie). Pour un carré potager surélevé, utilisez 4 palettes entières assemblées.
Où fixer une jardinière verticale en palette sur un balcon ?
Fixez-la sur un mur porteur en béton ou en brique pleine avec des chevilles à expansion (8-10 mm) et des équerres métalliques robustes. Minimum 4 points de fixation. Sur du placo, vissez obligatoirement dans les montants métalliques avec des chevilles Molly. Vérifiez que le balcon supporte le poids (50-80 kg une fois remplie).

Décoratrice d’intérieur depuis plus de 10 ans, j’accompagne les particuliers dans leurs projets d’aménagement et de valorisation immobilière. Passionnée par les intérieurs chaleureux et fonctionnels, je partage sur Cabane Déco mes conseils, astuces et inspirations pour créer des espaces qui vous ressemblent. Mon crédo ? La belle déco n’est pas réservée aux gros budgets, il suffit de savoir où regarder et comment s’y prendre.
