Pour poser du lambris horizontal, fixez d’abord des tasseaux verticaux sur le mur tous les 40 à 60 cm, puis installez les lames en commençant par le bas avec la rainure orientée vers vous, en laissant un joint de dilatation de 5 à 8 mm en périphérie. La pose horizontale élargit visuellement la pièce mais abaisse la perception de hauteur sous plafond.
Je me souviens d’un chantier l’année dernière chez une cliente qui voulait absolument du lambris horizontal dans son salon. Elle avait vu ça sur Pinterest et trouvait que ça donnait un style scandinave moderne. Le hic ? Son salon avait déjà un plafond bas à 2m40. Je lui ai expliqué que le lambris horizontal allait encore accentuer cette impression de pièce écrasée. On a finalement opté pour un compromis malin : lambris horizontal uniquement sur le mur du fond, jusqu’à mi-hauteur, avec une peinture claire au-dessus. Résultat sublime sans l’effet tunnel.
Parce que c’est ça, la première chose à comprendre avec le lambris horizontal : l’effet visuel qu’il produit. Les lignes horizontales élargissent l’espace mais le tassent aussi. Si vous avez des plafonds généreux de 2m70 ou plus, foncez. Si vous êtes à 2m40 ou moins, réfléchissez bien à votre stratégie de pose.
Pourquoi choisir une pose horizontale plutôt que verticale ?
La pose horizontale n’est pas juste une question d’esthétique, même si c’est quand même l’argument principal. Dans une pièce étroite et longue, les lignes horizontales cassent visuellement cette longueur et donnent une impression d’espace plus équilibré. Typiquement, dans un couloir de 1m20 de large sur 6 mètres de long, le lambris horizontal va élargir la perception sans accentuer l’effet couloir.
Autre avantage pratique : la pose horizontale est souvent plus simple pour gérer les hauteurs standards de pièce. Les lames de lambris mesurent généralement 2,60 mètres de longueur. En pose horizontale, vous utilisez toute la longueur de la lame sur la largeur du mur, ce qui limite les découpes et les chutes. Moins de gaspillage, moins de raccords à gérer.
Et puis il y a ce truc que j’adore : l’effet bardage extérieur ramené à l’intérieur. Le lambris horizontal rappelle les maisons scandinaves, les cabanes au bord de l’eau, les intérieurs apaisants. Ça crée instantanément une ambiance chaleureuse un peu cocooning, surtout si vous choisissez un bois clair comme le pin blanchi ou le sapin brossé.
Par contre, soyons honnêtes : la pose horizontale demande plus de précision que la verticale. La moindre irrégularité se voit immédiatement parce que l’œil suit naturellement les lignes horizontales. Si votre première lame n’est pas parfaitement de niveau, toutes les suivantes vont amplifier l’erreur de départ. Mais avec les bons outils et un peu de méthode, c’est totalement gérable.

Le matériel nécessaire pour poser du lambris horizontal
Avant de vous lancer, autant avoir tout le matériel sous la main. Rien de plus agaçant que de devoir courir au magasin de bricolage trois fois parce qu’on a oublié un truc.
Pour l’ossature, vous aurez besoin de tasseaux en bois. Section classique : 27×40 mm ou 22×45 mm. Comptez environ 3€ le mètre linéaire pour du sapin raboté de qualité correcte. Pour un mur de 4 mètres de large sur 2,50 de haut, vous aurez besoin d’environ 20 mètres de tasseaux. Budget : 60-80€ pour l’ossature complète.
Niveau fixation : des chevilles et vis adaptées à votre support. Sur du placo, prenez des chevilles Molly ou à expansion spécial placo (8-12€ la boîte de 50). Sur du béton ou de la brique, des chevilles Fischer classiques font très bien l’affaire (6-10€ la boîte). Prévoyez large, vous en utiliserez une quarantaine pour un mur standard.
Pour fixer les lames, plusieurs options : cloueur pneumatique (le rêve, mais faut compter 150-300€ l’outil), agrafeuse manuelle (30-50€, ça fait le job), ou simplement des pointes tête homme et un marteau (5€). Personnellement, pour un chantier ponctuel, je conseille l’agrafeuse manuelle. C’est le bon compromis entre efficacité et investissement.
Et évidemment : niveau à bulle de 1 mètre minimum (15-25€), cordeau à tracer (8€), mètre ruban (5€), scie sauteuse ou scie à onglet pour les découpes (à partir de 60€ pour une sauteuse basique), crayon de charpentier, équerre. Si vous avez déjà une caisse à outils de base, vous n’aurez pas grand-chose à acheter.
Ah, et un détail qui change la vie : des cales de dilatation. Vous pouvez les acheter toutes faites (10€ le lot de 30) ou simplement utiliser des chutes de lambris ou des morceaux de carrelage de 8 mm d’épaisseur. Ces petites cales vont maintenir l’écart périphérique pendant que vous fixez vos lames, et vous éviter de mesurer sans cesse.

Préparer le mur et installer l’ossature verticale
Première étape, et c’est la plus importante : vérifier l’état de votre mur. Tapotez-le, cherchez les parties qui sonnent creux, les zones humides, les fissures. Le lambris va masquer visuellement les défauts mais ne va pas les corriger. Si vous avez des problèmes d’humidité, réglez-les d’abord. Sinon, dans six mois, vous aurez des moisissures qui se développent tranquillement derrière vos belles lames.
Une fois le mur sain, tracez l’emplacement de vos tasseaux verticaux. Règle absolue que je répète à chaque chantier : lambris horizontal = tasseaux verticaux, lambris vertical = tasseaux horizontaux. Les tasseaux doivent toujours être perpendiculaires au sens de pose des lames. C’est la base de la base, mais je vois encore des gens qui se plantent là-dessus.
Espacez vos tasseaux de 40 à 60 cm maximum entre leurs axes. Plus vous les rapprochez, plus la fixation sera solide, mais plus vous consommez de matériel. Pour un mur standard en bon état, 50 cm d’entraxe est parfait. Si vous prévoyez d’accrocher des éléments lourds (étagères, télé), resserrez à 40 cm ou ajoutez des tasseaux supplémentaires aux endroits stratégiques.
Commencez par fixer un premier tasseau de chaque côté du mur, à 3-4 cm des angles. Utilisez votre niveau à bulle pour vérifier qu’ils sont parfaitement verticaux. C’est ces deux tasseaux qui vont servir de référence pour tous les autres. Si ces deux-là sont d’aplomb, le reste suivra naturellement.
Puis installez les tasseaux intermédiaires. Percez le tasseau tous les 50 cm environ, positionnez-le sur le mur, marquez au crayon à travers les trous, retirez le tasseau, percez le mur, mettez les chevilles, repositionnez le tasseau, vissez. Si votre mur présente des irrégularités, glissez des cales entre le tasseau et le mur pour rattraper les défauts. L’objectif : obtenir une surface parfaitement plane sur laquelle les lames viendront reposer.
Petit truc de pro : laissez un espace de 2-3 cm entre deux tasseaux sur une même ligne verticale. Cette interruption permet à l’air de circuler derrière le lambris. L’air circule, l’humidité ne stagne pas, le bois respire. C’est ce qui garantit une installation durable sans problème de moisissure ou de déformation.
Acclimatation du lambris : l’étape qu’on oublie trop souvent
Alors ça, c’est le conseil que personne n’écoute jamais et que tout le monde regrette après. Le lambris, surtout en bois, c’est un matériau vivant. Il réagit à l’humidité et à la température de la pièce. Si vous le sortez de son emballage et que vous le posez directement, il va travailler dans les semaines qui suivent : se dilater ou se rétracter selon l’ambiance de la pièce.
La règle : déballer vos lames et les laisser 48 heures minimum dans la pièce où vous allez les poser. Posez-les à plat sur des tasseaux, pas directement au sol, pour que l’air circule tout autour. Idéalement même, attendez 72 heures si vous pouvez. Le bois va progressivement s’ajuster au taux d’humidité ambiant et atteindre son équilibre hygroscopique.
J’ai vu un chantier où le client, pressé, avait posé son lambris le jour même de la livraison. Trois semaines plus tard, des espaces de 2-3 mm s’étaient créés entre certaines lames parce que le bois s’était rétracté en s’adaptant à l’atmosphère de la maison. Résultat : on a dû tout démonter et recommencer. Une catastrophe qui aurait été évitée avec deux jours de patience.
Pendant cette période d’acclimatation, profitez-en pour trier vos lames. Il y a toujours quelques lames un peu arquées ou présentant des défauts. Mettez-les de côté, vous les utiliserez pour les découpes en fin de rangée ou autour des obstacles. Gardez les plus belles et les plus droites pour les zones bien visibles.
Poser la première lame : celle qui conditionne tout le reste
On attaque maintenant le vrai travail. Et franchement, si vous faites bien cette première lame, le reste coulera tout seul. Si vous la ratez, vous allez galérer jusqu’au bout.
Pour une pose horizontale, on commence par le bas du mur. Mesurez la longueur nécessaire en prenant en compte qu’il faut laisser un joint de dilatation de 5 à 8 mm de chaque côté. Sur un mur de 4 mètres, votre première lame fera donc 3,985 mètres (4m – 15mm). Coupez proprement à la scie sauteuse.
Positionnez la lame avec la rainure orientée vers vous (donc vers le bas pour la première lame). Placez vos cales de dilatation au sol pour maintenir l’écart de 5-8 mm avec le bas du mur. Utilisez votre niveau à bulle et vérifiez l’horizontalité sur toute la longueur. Vraiment, prenez votre temps sur cette étape. Une première lame parfaitement horizontale, c’est la garantie d’un résultat impeccable.
Une fois la lame parfaitement positionnée et de niveau, fixez-la. Si vous utilisez une agrafeuse ou un cloueur, fixez dans la languette supérieure de la lame, à l’endroit de chaque tasseau. L’agrafe ou le clou doit être incliné à 45° environ pour bien mordre dans le tasseau. Enfoncez complètement l’agrafe : la tête ne doit pas dépasser, sinon elle gênera l’emboîtement de la lame suivante.
Pour plus de solidité, vous pouvez aussi fixer dans la partie basse de la lame, côté rainure. Ces fixations-là seront visibles, mais elles seront masquées par la plinthe que vous installerez en finition. Mettez une vis ou un clou tous les 50 cm environ, au niveau de chaque tasseau.
Continuer la pose : rythme et régularité
Maintenant que la première lame est posée, le reste devient presque une routine agréable. Prenez votre deuxième lame, emboîtez sa rainure sur la languette de la première. Tapotez doucement avec un maillet et une cale martyr (une chute de lambris) pour bien enfoncer la rainure sur toute la longueur. Vous devez sentir un emboîtement franc, sans espace visible.
Vérifiez l’horizontalité avec votre niveau. Normalement, si votre première lame était bonne et que vos tasseaux sont droits, toutes les lames suivantes devraient s’aligner naturellement. Mais un petit coup de niveau de temps en temps, ça rassure et ça évite les mauvaises surprises à mi-parcours.
Fixez dans la languette supérieure comme pour la première lame. Un agrafe ou un clou par tasseau. N’allez pas mitrailler toute la longueur : c’est inutile et vous risquez de fendre le bois. La fixation à chaque tasseau suffit largement à maintenir la lame.
Pour les joints entre lames sur la longueur du mur, deux écoles. Soit vous faites des joints aléatoires (vous terminez une rangée avec une lame coupée et vous commencez la rangée suivante avec la chute), soit vous faites des joints alignés tous les 2,60 mètres. L’aligné est plus facile mais moins joli. L’aléatoire demande un peu plus de découpes mais donne un résultat plus naturel. À vous de voir selon votre patience et votre niveau d’exigence.
Au fur et à mesure de la pose, pensez à passer les câbles électriques si vous avez des prises ou des interrupteurs sur ce mur. Faites-les sortir entre deux lames à l’endroit prévu. Marquez au crayon sur les tasseaux l’emplacement des prises pour ne pas planter un agrafe pile dedans. Ce serait ballot de couper un câble alors qu’on est presque au bout.
Gérer les découpes autour des obstacles
Arrive le moment redouté : les découpes autour des fenêtres, portes, prises, interrupteurs. C’est là que ça se complique un peu, mais avec de la méthode, ça reste très faisable.
Pour une fenêtre, mesurez précisément la hauteur à laquelle arrive l’embrasure. Reportez cette mesure sur votre lame en tenant compte de votre point de départ (la première lame en bas) et du nombre de lames déjà posées. Tracez au crayon puis coupez à la scie sauteuse. Pour les découpes d’angle, l’équerre est votre meilleure amie.
Pour les prises et interrupteurs, c’est un peu plus sportif. Le plus simple : repérez leur emplacement précis sur le mur avant de poser le lambris. Mesurez leur position par rapport aux lames déjà posées et aux bords du mur. Reportez ces mesures sur la lame concernée. Percez un trou de départ à la perceuse, puis finissez la découpe à la scie sauteuse. La découpe n’a pas besoin d’être parfaitement propre : le cache de la prise masquera les petites irrégularités.
Un truc que j’ai appris sur le terrain : fabriquez-vous un gabarit en carton pour les découpes compliquées. Découpez le carton à la forme exacte de l’obstacle, testez-le sur place, ajustez si besoin, puis utilisez ce gabarit pour reporter la forme sur votre lame. Ça évite de se tromper et de gâcher une lame entière pour une erreur de mesure.
La dernière lame : la plus délicate
Vous arrivez en haut du mur. Normalement, il vous reste un espace de 10 à 15 cm à combler. Mesurez cet espace en plusieurs points (début, milieu, fin du mur) parce qu’il peut varier si votre plafond n’est pas parfaitement horizontal. Prenez la mesure la plus petite et enlevez encore 5-8 mm pour le joint de dilatation en haut.
Reportez cette largeur sur votre lame et tracez une ligne de coupe parallèle au bord. Attention : vous allez couper dans le sens de la longueur, c’est la découpe la plus difficile. Utilisez un guide de coupe avec votre scie sauteuse pour garantir une ligne droite. Ou alors, si vous avez une scie circulaire, c’est le moment de la sortir.
Une fois la lame découpée, emboîtez-la sur la précédente. Là, vous ne pourrez pas utiliser le maillet pour enfoncer parce que vous êtes coincé contre le plafond. L’astuce : utilisez un levier plat (type pied de biche) ou deux cales que vous glissez entre la lame et le plafond, puis tapotez progressivement pour forcer l’emboîtement.
La fixation de cette dernière lame se fait par le haut, dans sa partie visible, puisque vous ne pouvez plus accéder à la languette. Mettez des vis à tête fraisée tous les 50 cm, en haut de la lame. Ces vis seront masquées par une corniche ou une moulure que vous installerez en finition. C’est d’ailleurs le moment de réfléchir à votre stratégie de finition.
Les finitions qui font toute la différence
Un lambris bien posé mais avec des finitions bâclées, ça reste un travail d’amateur. Les finitions, c’est ce qui transforme un chantier correct en réalisation impeccable.
Commencez par les plinthes en bas du mur. Elles vont masquer le joint de dilatation et donner une assise visuelle au lambris. Vous pouvez utiliser des plinthes assorties au lambris (15-25€ le mètre linéaire) ou des plinthes blanches classiques si vous voulez créer un contraste. Fixez-les par collage ou avec des pointes sans tête.
En haut, plusieurs options : une corniche (20-40€ le mètre linéaire pour du bois, 5-15€ pour du polystyrène), une simple baguette de finition (5-10€ le mètre), ou alors vous laissez tel quel si le joint est propre. Personnellement, j’aime bien la corniche qui crée une transition élégante entre le mur et le plafond.
Sur les côtés, aux angles du mur, installez des baguettes d’angle. Elles masquent les découpes et donnent un rendu pro. Comptez 8-12€ le mètre linéaire pour des baguettes en bois assorties. Si vous avez deux murs perpendiculaires en lambris, utilisez des baguettes d’angle spéciales qui créent un raccord impeccable.
Autour des portes et fenêtres, les chambranles (15-30€ le mètre) habillent l’embrasure et cachent la tranche du lambris. C’est vraiment le détail qui change tout. Un chambranle bien posé, c’est la signature d’un travail soigné.
Enfin, pensez à la finition du bois lui-même. Si vous avez choisi du lambris brut, il faut le protéger. Huile, cire, vernis, lasure, peinture : tout dépend de l’effet recherché et de la pièce. Dans une salle de bain, privilégiez un vernis ou une huile qui résiste à l’humidité (20-35€ le litre). Dans un salon, une simple cire ou huile naturelle suffit (15-25€ le pot de 500 ml). Budget finition : comptez 80-150€ pour un mur de 10 m² selon les produits choisis.
Combien ça coûte vraiment de poser du lambris horizontal ?
Parlons budget, parce que c’est quand même important. Pour un mur de 10 m² en pose horizontale, voilà ce que ça donne en 2026.
Lambris bois : pin raboté 10-15€/m², pin brossé 15-20€/m², sapin 12-18€/m², mélèze 25-30€/m², chêne 35-45€/m². Pour 10 m², comptez donc 100-450€ selon l’essence choisie. Le pin reste le meilleur rapport qualité-prix pour débuter.
Lambris PVC : blanc basique 5-8€/m², imitation bois 12-15€/m², finitions haut de gamme 18-25€/m². Pour 10 m², ça fait 50-250€. Le PVC est la solution économique et parfaite pour les pièces humides, mais moins noble visuellement que le bois.
Lambris composite : 15-25€/m² en moyenne. Un bon compromis entre le bois et le PVC, avec une grande facilité de pose et d’entretien.
Ossature et fixations : tasseaux 60-80€, chevilles et vis 15-20€, agrafes ou clous 10-15€. Total ossature : 85-115€ pour un mur standard.
Finitions : plinthes 30-50€, corniche 40-80€, baguettes d’angle 20-30€, traitement du bois 30-60€. Total finitions : 120-220€.
Outillage (si vous n’avez rien) : niveau 20€, scie sauteuse 60€, agrafeuse 40€, petit matériel 30€. Total : 150€, mais c’est un investissement qui resservira.
Au total, en faisant tout vous-même, comptez 450-950€ pour un mur de 10 m² en lambris bois de qualité correcte avec finitions. En lambris PVC, descendez à 350-650€. C’est franchement abordable pour un relooking complet d’une pièce.
Si vous faites appel à un professionnel, ajoutez 20-30€/m² de main-d’œuvre. Pour 10 m², ça fait 200-300€ supplémentaires. Un artisan expérimenté fera le travail en une journée là où vous mettrez peut-être un week-end complet. À vous de peser le temps contre l’argent.
Les erreurs à éviter absolument
Après douze ans à accompagner des chantiers lambris, je peux vous dire que les mêmes erreurs reviennent sans arrêt.
Erreur n°1 : oublier les joints de dilatation. Le bois bouge, c’est inévitable. Si vous collez votre lambris bord à bord contre les murs latéraux et le plafond, il n’aura aucune marge de manœuvre. Résultat : déformation, bombement, lames qui se soulèvent. Laissez toujours 5-8 mm de chaque côté, c’est la garantie d’une pose durable.
Erreur n°2 : négliger l’acclimatation. J’en ai déjà parlé mais ça mérite d’être répété. Poser du lambris qui sort du magasin, c’est courir au désastre. 48 heures minimum dans la pièce, point final.
Erreur n°3 : ne pas vérifier la verticalité des tasseaux. Si vos tasseaux sont de travers, vos lames suivront la même pente. Et en pose horizontale, ça se voit immédiatement. Prenez le temps de bien caler et vérifier chaque tasseau.
Erreur n°4 : forcer l’emboîtement. Si une lame ne s’emboîte pas facilement, c’est qu’il y a un problème : agrafe qui dépasse, saletés dans la rainure, lame déformée. Ne forcez jamais comme un bourrin en tapant au marteau. Vous allez casser la languette et devoir remplacer la lame.
Erreur n°5 : sous-estimer les découpes. Les obstacles (prises, fenêtres, tuyaux) demandent du temps et de la précision. Prévoyez large dans votre planning. Mieux vaut prendre une heure de plus pour une découpe propre que bâcler et avoir un résultat moyen.
Erreur n°6 : oublier la ventilation arrière. L’air doit circuler derrière le lambris pour éviter l’humidité. Si vous collez directement vos lames sur le mur, vous créez une poche d’air stagnant propice aux moisissures. Toujours passer par une ossature avec de l’espace.
Mon retour d’expérience sur la pose horizontale
En douze ans de métier, j’ai posé ou fait poser des dizaines de murs en lambris horizontal. C’est devenu un peu ma spécialité ces dernières années avec le retour en force du style scandinave.
Ce que je retiens ? La pose horizontale est techniquement plus exigeante que la verticale, mais le résultat visuel est tellement plus intéressant. L’effet d’élargissement fonctionne vraiment bien dans les pièces étroites. J’ai une cliente qui avait une chambre de 3 mètres de large : le lambris horizontal a complètement transformé la perception de l’espace.
Le choix du matériau fait toute la différence. Le pin blanchi ou le sapin clair créent une ambiance douce et lumineuse. Les bois plus foncés comme le mélèze ou le chêne apportent du caractère mais demandent une pièce déjà bien éclairée. Le PVC, franchement, dans un salon ou une chambre, je trouve ça un peu cheap. Par contre en salle de bain, c’est le choix rationnel.
Un truc que j’ai appris sur le terrain : ne lambrisser pas tout. Un mur complet ou deux murs maximum dans une pièce, c’est largement suffisant. Quatre murs en lambris, ça fait chalet de montagne années 70. Utilisez le lambris comme un élément de décoration plutôt que comme revêtement total.
Niveau timing, pour un mur standard de 10-12 m², comptez un week-end complet si vous êtes débutant. Le samedi pour l’ossature et les premières lames, le dimanche pour finir la pose et les finitions. Un pro fera ça en une journée, mais vous aurez appris plein de choses et économisé 200-300€ de main-d’œuvre.
Et pour finir, un conseil qui vaut de l’or : ne vous précipitez pas. Le lambris horizontal se voit de loin, chaque défaut saute aux yeux. Mieux vaut prendre son temps, vérifier trois fois chaque étape, et obtenir un résultat dont vous serez fier pendant dix ans que de bâcler pour finir vite et regretter pendant dix ans.
Questions fréquentes sur la pose de lambris horizontal
Peut-on poser du lambris horizontal directement sur le mur ?
Non, il faut toujours installer une ossature en tasseaux verticaux. Cette structure permet la ventilation derrière le lambris, évite les problèmes d’humidité et permet de rattraper les irrégularités du mur. La pose collée directe n’est envisageable que pour du lambris PVC très léger sur un mur parfaitement plan et sec.
Quel espace laisser entre les tasseaux verticaux ?
L’espacement idéal est de 40 à 60 cm entre les axes des tasseaux. Pour un mur standard, 50 cm d’entraxe offre un bon compromis entre solidité et économie de matériau. Si vous prévoyez de fixer des éléments lourds comme une télévision, réduisez à 40 cm ou ajoutez des tasseaux renforcés.
Combien de temps doit-on laisser le lambris s’acclimater ?
Minimum 48 heures, idéalement 72 heures. Déballez les lames et posez-les à plat sur des tasseaux dans la pièce où elles seront installées. Cette acclimatation permet au bois de s’adapter au taux d’humidité ambiant et évite les déformations après la pose.
Faut-il traiter le lambris bois avant ou après la pose ?
Cela dépend du produit et de l’effet recherché. Pour une lasure ou un vernis, il est plus facile d’appliquer après la pose pour avoir un rendu uniforme avec les finitions. Pour une huile ou une cire, vous pouvez traiter avant la pose, c’est plus pratique car vous accédez à toutes les faces.
Le lambris horizontal convient-il aux pièces avec plafond bas ?
Pas vraiment. Le lambris horizontal crée des lignes visuelles qui élargissent l’espace mais abaissent la perception de hauteur. Avec un plafond inférieur à 2,50 mètres, préférez une pose verticale ou limitez le lambris à une partie du mur (soubassement ou pan de mur unique).
Peut-on isoler en même temps qu’on pose du lambris ?
Oui, c’est même recommandé. Entre les tasseaux verticaux, vous pouvez glisser des panneaux isolants (laine de verre, laine de roche, polystyrène) de l’épaisseur des tasseaux. Cela améliore l’isolation thermique et acoustique de la pièce. Prévoyez simplement des tasseaux un peu plus épais si nécessaire.
Combien coûte la pose par un professionnel ?
Un artisan facture généralement 20 à 30€ par m² de main-d’œuvre pour la pose de lambris horizontal. Pour un mur de 10 m², comptez donc 200 à 300€ de main-d’œuvre, auxquels s’ajoutent les fournitures (lambris, tasseaux, fixations, finitions).

Décoratrice d’intérieur depuis plus de 10 ans, j’accompagne les particuliers dans leurs projets d’aménagement et de valorisation immobilière. Passionnée par les intérieurs chaleureux et fonctionnels, je partage sur Cabane Déco mes conseils, astuces et inspirations pour créer des espaces qui vous ressemblent. Mon crédo ? La belle déco n’est pas réservée aux gros budgets, il suffit de savoir où regarder et comment s’y prendre.
